
« Yes, he can ». Ben oui, Barack, il peut. Les gouvernements utilisent des logiciels qui coûtent un pont (littéralement) non seulement à créer, mais également à maintenir. Ce sont des applications monstrueuses développées dans des langages de programmation issu d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent (et ne veulent) pas connaitre. Et vu la faible maîtrise de l’outil informatique par l’ élu du peuple moyen, cela ne risque pas de changer.
Sauf si…
Sauf si on élisait des gens responsables qui donneraient accès à leurs sources d’information: la transparence à l’état pur. Imaginez que l’accès aux bases de données qu’utilise le bureau de l’Urbanisme de votre commune soit accessible aux citoyens et entreprises du pays: bureaux d’architecture, entreprises du bâtiment, universités, etc. Ceux-ci pourraient alors développer leurs propres frontend, leurs propres interfaces, leurs propres services, là oû pour l’instant ce sont les structures fédérales qui fournissent l’interface, aux frais du contribuable et pour un service qui ne répond que rarement aux besoins réels et en perpétuelle évolution. Un accès à la lecture de toutes les données non-privées, donc, dans un premier temps, permettant des visualisations de données qui valident et vérifient l’efficacité de telle ou telle politique. Dans un second temps et sous condition, carrément l’accès à l’écriture.
Un beau rêve?
Dans un pays comme la Belgique, dont l’administration profite justement de l’opacité de son système (particulièrement fiscal) pour réclamer toujours plus d’argent aux contribuables non secondé par un expert fiscal, pas certain que cela soit pour demain. Aux USA, par contre, l’initiative est déjà en route.
The Open government Initiative
Sous l’impulsion de l’Administration Obama, la Maison Blanche a implémenté la « Open Government Initiative » concrétisé par un Application Programming Interface (API) accessible sur data.gov, donnant l’accès à leurs bases de données, permettant ainsi à n’importe quel programmeur de questionner ces données et d’en afficher les résultats.
Génial, non? Qu’en pense le Belgian Pirate Party?
Et cela marche
Cette Initiative crée un véritable engouement afin de faciliter l’accès à ces données. Des entreprises se créent des gens sont engagés. De l’emploi hautement qualifié est créé.
Et nous, on fait quoi?
Pour en savoir plus: TechCrunch
0. donc tu es d'accord sur le principe d'ouvrir les db, mais pas sur la manière
1. comme je le dis dans mon billet, il ne s'agit pas de donner accès à tout, mais aux données non sensibles, comme les budgets, les comptabilités des services.
2. la complexité est réelle, c'est pour cela justement que c'est un puit à emploi: l'expérience américaine montre qu'un microcosme économique se crée autour de ces données. Je ne sais pas exactement ce que tu entends par webServices, est-ce une forme d' API? De manière générale, je pense qu'il faut éviter que du développement complémentaire soit pris en charge par les services publics. Par contre, il doivent alors prendre en charge (pas forcément gratuitement) la formation des analystes externes. Pourquoi? L'objectif étant la transparence, il faut éviter que les services publics esquivent ou maquillent les analyses "qui font mal" aux politiques qui les dirigent (ex: http://3.bp.blogspot.com/_HRnKzjq-c5g/S_w2esG-DEI… )
Donc, externaliser l'analyse et ne confier aux services publics que l'assistance à l'analyse. On pourrait évidemment organiser la validation des analyses par un organe qui doit également être indépendant (le bureau du Plan ?)
J'ai un exemple concret : imaginons un instant qu'un entrepreneur se dise: et si on plaçait des détecteurs de présence sur les autoroutes pour que l'éclairage ne se déclenche la nuit que lorsqu'il y a effectivement des véhicules? Est-ce que cela représenterait une économie pour la collectivité ou pas? Il irait sur http://data.wallonie.be et ferait une recherche récapitulative des factures d'électricité de la E411, et la croiserait avec les données de trafic statistique par heure, disponible grâce au MIT (bon, c'est juste un exemple). Il pourrait également, pour renforcer son argument, vérifier dans quelle mesure la diminution de l'éclairage nocturne des autoroutes a provoqué (ou non) plus d'accidents.
Il pourrait ainsi rapidement calculer le prix en dessous duquel sa solution doit se situer.
Tu me suis?
Je suis d'accord d'ouvrir les données (Dans le cadre du respect de la vie privée). Mais Je trouve qu'attaquer la DB directement n'est pas le moyen le plus optimum.
En effet, je trouve qu'il faut ajouter une couche service car les données brut sont dispersée dans plusieurs DB (voir fichier plat) et les lien entre les données peuvent être peu évident.
Le service permettrait de retourner des données préformatées avec une certaine logique.
Exemple de service : Un citoyen est-il en ordre avec l'assurance maladie invalidité?
Le service se trouverait au niveau de l'INAMI interrogerait la banque carrefour et retournerait vrai ou faux.
Il me semble que c'est beaucoup plus simple pour les applications clientes d'utiliser ce service que de commencer à implémenter une logique complexe.
Par web service j'entend ceci : http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_Web
OK, effectivement, les web services semblent être une bonne approche. Reste que tout rassembler sur une url unique (du style data.belgium.be ) gérée par une équipe chargée de coordonner ces web services.
Je me demande ce que cela représente en terme d'investissement. Mais sans accès aux données, je ne peux pas le calculer :-)
Ouvrir les DB au public me semble dangereux d’un point de vue sécurité et performance.
De plus je pense, que la complexité des données est tel qu’un bon analyste ne s’y retrouverait pas sans documentations (sil elle existe)…
Je suis plutot d’avis que nos services publiques développent des webServices ouverts vers l’extérieur.
Qui veut pourrait dès lors développer sa propre interface en appelant ces services.