Scier la branche sur laquelle on est assis - source : http://antell.com/devoblog_march07.html

Lorsqu’ Alexander De Croo a décidé de saborder quitter la table des négociations devant régler une fois pour toute la scission de l’arrondissement Bruxelles-Halle-Vilvoorde, plusieurs commentateurs n’ont pas hésité à estimer que De Croo Junior montrait là des talents de stratège politique hors pair.

De Croo, stratège politique hors pair?

Certes, petit détail, il provoquait des élections au pire moment pour le pays, mais, d’après ma compréhension de la res publica flamando-belge, ce mouvement lui permet de :

  1. se créer une image politique personnelle passant du « jeune pousse fils-à -papa jamais élu » à « homme de caractère dynamique et cool » (sauf avec les Franstaligen, hein), le différenciant clairement du leg de son daddy Hermann, tout en le faisant passer pour un homme qui aime l’efficacité toute entrepreunariale (« ces discussions sont trop longues, c’est maintenant ou jamais« ), et intransigeant, au caractère fort (on aime bien cela en général, nous les petits moutons d’électeurs)
  2. précipiter le retour à l’opposition pour l’openVLD, position plus facile pour reconquérir des électeurs parmi les masses frustrées
  3. repositionner l’ openVLD comme parti acquis à la cause Flamande et qui en ferait dorénavant un de ses axes de bataille principaux (et oui, il s’agit de ne pas végéter dans l’opposition trop longtemps, et agiter des drapeaux, chanter des hymnes s’avère plus facile que de résoudre les « vrais problèmes des gens »).

Coup politique génial donc…

Sauf que…

Sauf que non loin de là , l’Europe est assiégée par les marchés financiers spéculatifs qui, sous leur forme actuelle, sont à l’économie réelle ce que la pêche industrielle est aux grands fonds marins: une arme de désertification économique massive. Le manque de leadership politique, les intérêts nationaux primant sur le bien commun européen n’ont pas permis d’opposer à ces marchés une réponse endiguant le mouvement de pseudo-panique (pseudo car au fond, les spéculateurs s’enrichissent grassement sur le dos du contribuable grec et bientôt européen. (Voici une bonne occasion de gerber un bon coup sur l’espèce humaine: si vous ne l’avez jamais fait, je vous le conseille, cela fait du bien une bonne purge de temps en temps.)

Et donc, au terme de ces élections anticipées, au moment oû l’Europe a besoin d’une présidence vigoureuse de la part des Belges, il n’y aura probablement pas grand monde à la barre: soit une méga-coalition des « démocrates » dixit Laurette Onckelinkx (ah bon, pas démocrate la N-VA?) soit la N-VA qui ne va certainement pas faire beaucoup d’Europe, tout occupée qu’elle sera a attiser les braises qui chatouillent les fesses de nos politiciens-saltimbanques, soit… personne, car ils n’auront pas su/pu/voulu doter la Belgique d’un gouvernement dans le laps de temps de moins de deux mois qui sépare les élections de la présidence.

Avec personne à la barre tandis qu’après avoir ratiboisé la Grèce, ces marchés-requins se tournent vers l’Espagne, le Portugal et bientôt la France, je ne donne plus cher de notre Euro.

oups

Et donc, le « fin » stratège De Croo Junior, par sa manÅ“uvre provoquant la non-résolution du dossier BHV, met non seulement tout le pays dans une situation critique, mais également l’Union Européenne, entité qui aujourd’hui s’enfonce rapidement dans une crise qui a le potentiel de lui être fatale – ou en tout cas à sa monnaie unique.

Alors, Bye, bye Belgium,… D’accord, au fond pourquoi pas. Bye, bye Europe, par contre, là , cela me la fout mal. Alexander, Stome kerel, va.