Comme promis, voici mon compte-rendu tout personnel du livre écrit par Jean-Marc Nollet (Ecolo) « Green Deal« , que je viens de terminer. Il n’est pas aisé dans le contexte politique actuel de parler contenu. Raison de plus pour le faire, tenter de réinsufler de la substance là oû depuis quelques semaines, quelques mois, le débat se concentre plus sur le « qui » que sur le « quoi ».
A cet égard, le « Green Deal, proposition pour une sortie de crises » de Jean-Marc Nollet est fort bienvenu, car il ne ressasse pas de vieux idéaux éculés au siècle passé mais présente une analyse approfondie de notre situation contemporaine, locale autant que globale, avec une vista à contre-courant de ces responsables politiques de la majorité qui, à l’aune de la crise, prennent une posture d’expert du développement durable là oû, cinq minutes encore avant ladite crise, ils nous resservaient leur sempiternel fond de commerce idéologique, n’ayant que mépris compassionnel pour les propositions qu’Ecolo, entre autre, leur rabache depuis plus de 20 ans.
Sur la forme
Cet ouvrage, bien documenté, n’est pas dénué de défauts: notamment une écriture parfois laborieuse, se perdant par moment dans la technicité là oû la synthèse l’aurait mieux servi. Le livre a été rédigé entre août et octobre 2008, et cela se sent, à la fois dans son actualité criante, mais également dans cette écriture un peu poussive, qu’une ou deux relectures supplémentaires aurait sans doute permis d’alléger. Cela manque aussi clairement d’humour, mais je reconnais que j’en demande là peut-être trop d’un livre à teneur politique et qui a le mérite de la concision au regard de l’ampleur du sujet.
Sur le fond
Critique sur la forme, j’en apprécie par contre le fond, organisé selon une structure qui fait mouche: 10 questions qui permettent de faire le tour sur les origines de la crise systémique actuelle, les erreurs de la théorie économique néo-classique (Keynes) tels que, par exemple, la croyance fondamentale que le consommateur jouit d’une information toujours parfaite, et quel serait un modèle de société alternatif vers lequel tendre. Cette société serait centrée sur l’humain et le respect de la planète via le développement durable. Et non, le développement durable ne veut pas dire retour à l’époque des cavernes, mais plutôt retour à des produits de qualités qui valent la peine d’être réparés, plutôt que remplacés. En effet, aujourd’hui, il coûte moins cher de remplacer un ordinateur que de le réparer: how sustainable is that?
La dernière partie des questions s’emploie à décrire le « Green Deal » : une proposition adressée aux politiques, et donc d’abord aux citoyens, de passer d’un modèle économique basé sur le « toujours plus » vers le « toujours mieux » , vers une société à visée qualitative plutôt que quantitative.
A ces dix questions répondent dix propositions concrètes, histoire d’expliciter ce que ce plan impliquera pour le citoyen.
Afin de ne pas rendre ce billet trop long, je me propose de revenir ultérieurement par des billets spécifiques sur les propositions que j’estime les plus interpellantes.
Conclusion
Mea culpa, au moment d’entamer la lecture du « Green Deal », j’avais fait un procès d’intention à JM Nollet, m’attendant à un livre à visée électoraliste tels que ceux qui s’amoncellent sur les étals avant chaque élection. Or, dans ce livre fouillé, complexe, écrit (trop) rapidement, l’homme livre la substance de sa pensée politique. Cette pensée est visionnaire mais bien ancrée dans la réalité contemporaine, point d’idéologisme à outrance.
Un homme qui fait de la politique, certes, mais autrement. N’est-ce pas de cela dont la Belgique a besoin aujourd’hui ?