
La France s’est récemment dotée de la loi Adobe Hadopi censée s’attaquer aux adeptes du téléchargement illégal, dont vous et moi ne faisons bien sûr pas partie.
Comme l’explique Marc Wathieu, cette loi est stupide, contre-productive et – je l’espère – inapplicable. En outre, elle ne s’attaque pas aux pirates, mais aux consommateurs. C’est un peu comme si on votait une loi qui vise à punir les consommateurs de crack tout en laissant les dealers tranquilles.
La solution est pourtant simple pour ceux qui comprennent internet. Elle ne passe pas par une loi, mais par une approche marketing.
Compression
Tout fichier mis sur ordinateur, et à fortiori sur internet, subi une numérisation, cà d que son contenu se voit décrit sous forme de 0 et de 1. Ouvert dans le logiciel ad hoc, ces 0 et 1 sont lus et décodés pour reconstituer le contenu initial: image, son, vidéos…
La bande passante n’étant pas illimitée, on peut appliquer des algorithmes, permettant, par exemple, de ne garder que des 1 et se passer des zéro, pour diminuer la taille du fichier. Je schématise, mais c’est grosso modo l’idée de ce que l’on appelle la compression.
Cette compression peut-être plus ou moins forte, le « taux de compression » déterminant sa taille, inversément proportionnelle à la qualité sonore ou visuelle du fichier créé. C’est ainsi que par exemple un fichier .mp3 de trois minutes peut varier de 1 mégas (qualité d’écoute hyper crade) à 10 mégas (qualité d’écoute cristalline à l’oreille humaine.
Exploiter le taux de compression
L’idée est simple: inonder le marché de versions basse qualité de l’oeuvre avant que les pirates n’aient eu la possibilité de se procurer les fichiers de haute qualité. Noyé dans la masse des fichiers de basse qualité, les copies haute qualité resteront introuvables.
Dès lors, si on est un artiste un tant soit peu malin, voici ce qu’il faut faire: deux mois avant la sortie de son album, on le mets gratuitement à disposition sur internet, à un taux de compression élevé, de sorte que la qualité soit suffisante pour une écoute explorative, mais pas pour une écoute répétée, l’idée étant que les fichiers de qualité médiocre inondent le marché et rendent les fichiers produits par les pirates introuvables.
De plus, ces fichiers de qualité médiocre constituent un bon outil marketing: ceux qui apprécient réellement le morceau débourseront les quelques euros pour avoir la version de haute qualité, et le packaging qui va avec.
Qu’en pensez-vous?
Que je ne suis pas pressé…
;-)
J'aime bien les idées fraîches!…mais je crains que celle-là ne fonctionne pas et ne soit pas très verte…Combien de temps pour voir apparaître des "quality pirates"? …et puis on n'a pas fini de parler du coût énergétique du stockage du web…
Moi je préconiserais (simplement) de faciliter les moyens de paiement…faut toujours des visa/mastercard/machinbazar…-> hop SMS!
…?
Ta remarque me rappelle à l'ordre: par souci de concision j'ai complètement oblitéré l'enjeu fondamental derrière cette question: non pas la survie de la production culturelle, mais l'accès gratuit à la culture.
C'est pour cela que je suis personnellement pour cette technique: elle permet à tout le monde de pouvoir découvrir les nouveautés audio, vidéo ou autre. Evidemment, seuls les nantis peuvent acheter TOUT ce qui leur plait, mais c'est déjà un progrès pour ceux et celles qui n'ont pas de fric de pouvoir au moins donner de la nourriture culturelle à leurs sens, fût-ce à une qualité moins bonne. C'est déjà le cas aujourd'hui via le piratage, mais est-ce que les moins nantis d'entre nous s'y connaissent en bittorrent ? J'en doute personnellement, d'où l'intérêt de généraliser cette usage de la compression pour libérer la diffusion.
Perso, je préfère ne pas innonder la toile avec des copies de qualité médiocre.
Je suis plus favorable à la rémunération des artistes au prorata des téléchargements de leurs morceaux.
je trouve l'idée intéressante en soi, mais j'ai peur que la saturation de fichiers de mauvaise qualité fassent fuir les fans de bonne qualité…
mais l'idée d'avoir une version "démo" de qualité moyenne et une version "premium" payante, toutes les 2 sur le site de l'artiste pourrait etre interessante dans certains cas.
Parade1: les 'amateurs' filtrent sur la taille du fichier proposé, et ignorent les versions 'low fidelity';
Parade à la Parade: les détenteurs officiels des droits diffusent des versions 'low fidelity' peu compressées (ou "paddées" avec du silence), pour obtenir eux aussi des fichiers de grosse taille;
Inconvénient: les 'amateurs' téléchargent de gros fichiers encombrants, et de toute façon de piètre qualité; ils sont donc mécontents;
Parade à la Parade à la Parade: les pirates postent des fichiers avec un hash MD5 (ou toute autre signature) qui "authentifie" la "qualité" de leur rip;
etc, etc… ;-)
oui, c'est évident que c'est un combat qui doit être permanent, la solution n'est pas une solution ultime mais je vois mal mes voisins utiliser des hash MD5. Malgré ses failles, l'approche que j'ai exposée restera plus efficace que les lois venant du sommet.
Au final la sécurité d'un fichier se mesure un peu comme la sécurité d'un bâtiment: le temps nécessaire pour s'y introduire. Plus ce temps est long, plus la sécurité est efficace. Idem ici: plus il faut faire d'effort, moins il y aura de piratage. Avec un prix du mp3 autour de 1 EUR, le jeu n'en vaudra pas la chandelle…
La qualité d'un fichier est très facilement repérable (la bitrate est systématiquement affichée et au pire via des commentaires d'utilisateurs comme sur eMule ou d'autres systèmes qui se développeraient rapidement). Inonder ne servirait à rien.
Le fond du problème est toujours là. Le téléchargement de masse est ancré dans la culture des jeunes et c'est irréversible. On ne reviendra pas au CD et les plateformes légales ont loupé le coche en ne proposant pas de formule adaptée aux consommateurs qui téléchargent. Et aucun moyen technique ne permettra d'empêcher les gens d'échanger de la musique. La seule solution est la légalisation où les artistes sont payés selon le nombre de téléchargements (qui ne peut être calculé qu'approximativement, j'en conviens) grâce à une taxe sur les FAI. C'est ce que proposent les partis de gauche en France. Mais cela revient à chambouler tout le secteur de la musique et cela fait peur aux grands lobbys qui font déjà tout pour empêcher le moindre changement.