
Les négociations institutionnelles sont (selon moi) en passe d’aboutir et d’amener la chenille bicéphale Belgique vers sa prochaine itération. Je m’emploie dans ce billet à identifier les raisons de ce succès probable.
Comme vous sans doute, je suis l’évolution des négociations institutionnelles et tente de discerner à travers l’écran de fumée mélodramatique l’information de valeur de l’esbrouffe mélodramatique. Quelques constats:
- les négociations réussiront parce qu’il n’y a pas le choix et tout le monde le sait. La stratégie du pourrissement démontrant que la Belgique est ingouvernable n’est pas l’option favorite de la N-VA, porte Hérault du VOKA (l’Union Flamande des Entreprises). Ce pourrissement pour être efficace devra durer des années, amenant une situation faisant perdre beaucoup d’argent aux acteurs économiques
- il y a une particularité très importante dans cette ultime tentative de réforme négociée de l’Etat et qui n’a pas été développée, explorée par les médias. Pourtant, elle donne à ces négociations un caractère unique. Entre la tranchée francophone et son vis-à -vis flamand, il y a un cordon ombilical oû l’information circule en permanence.
Permettez-moi de développer ce dernier point.
Qu’est ce qui est vert, qui monte et qui descend?
Ce cordon ombilical, c’est le lien de compagnonnage entre Ecolo et Groen!. Stratégiquement, ils ont la position de relayeur: lorsque les flamands et les francophones se réunissent séparément, il y a toujours une paire d’oreilles qui peut donner à l’autre camp des informations fondamentales et vraisemblables, grâce à ce lien de confiance totale entre les écoloens de notre lage pays. à‰videmment, les autres acteurs de leur camp respectif le savent, et cela, combiné à l’obligation pour tout le monde de réussir, les décourage sans doute de fomenter des tactiques trop perverses – Ecolo et Groen! n’étant clairement pas dans une démarche séparatiste. Au final, ce lien oblige notamment la N.V-A à rester dans le domaine du réalisme. Pas une synécure pour un parti tiré entre quelques réalos et beaucoup d’idéologues.
Tout cela pour… ?
Quant à savoir ce que donnera le résultat de ces élections sur la maison Thomas & Piron Belgique (nouvelle bâtisse simplifiée et améliorée ou nouvel épisode de rafistolage à la mords-moi-le-noeud), je pense malheureusement que le poids des Verts est trop faible pour faire pencher la balance vers cette seconde option. Elio di Rupo et Bart de Wever semblent viser le rafistolage, plus facile à obtenir pour Elio, laissant la voie à de nouvelles exigences institutionnelles pour Bart qui mise toujours sur le pourrissement, et qui utilise Elio pour cela.
Qu’en pensez-vous? Exagère-je?