Si je vous dit « peinture rupestre », vous visualisez probablement un taureau poursuivi par des chasseurs filiformes et autres scènes de chasse popularisées par la découverte de la grotte de Lascaux. Il existe néanmoins une collection de peintures rupestres d’un tout autre acabit(e), qui montre combien la sexualité était riche et sans tabou, oû la sexualité de procréation n’excluait pas forcément celle du plaisir, les deux confluant dans une expérience globale et unifiée de la Nature, de la puissance de la vie.

 » Pour l’homme préhistorique, la procréation est une liturgie d’ érotisme magique. La femme est considérée comme la Nature incarnée, un être ayant le pouvoir de créer des hommes. Les rituels font souvent référence à la fertilité animale, puisque la tribu dépend de ceux-ci pour sa survie. Le Shaman, axe principal de la communauté, est le cordon ombilical reliant le monde inconnu et la réalité, qui, par le rituel et l’érotisme, atteint sa signification symbolique la plus élevée. »

Je ne sais pas dans quelle mesure tout cela correspond à une vision idéalisée de nos ancêtres.

Néanmoins aujourd’hui, nous considérons Dutroux, Fourniret et les autres comme des monstres, comme s’ils étaient « mal nés », ou « mal faits ». Comme s’ils n’étaient pas, comme chacun de nous, le fruit de l’environnement social et symbolique qui les a vu naître. Mais si ce sont des monstres, permettez-moi de vous faire remarquer qu’ils ont deux bras, deux jambes, qu’ils s’expriment normalement (à part l’accent carolo mais cela ne suffit pas encore à qualifier quelqu’un de monstrueux) voire même qu’ils ont une intelligence au dessus de la moyenne et qu’ils ont des talents de bonimenteurs et d’acteurs à faire pâlir de jalousie Jack Nicholson. Ce ne sont pas des monstres, et si l’on veut éviter de nouveaux drames, il est fondamental de se dire qu’ils sont nous, que nous sommes comme eux, qu’ils sont l’expression, extrême certainement, d’un mal commun, des symptômes de nos propres dysfonctionnements collectifs et individuels.

ma préférée : la puissance de la vie

Mais non, évitons de nous remettre en question, coulons une chape de béton sur la pauvreté de notre mentalité sexuelle, entre rêveries d’enfants naà¯fs et consommation compulsive et dépersonnalisée. Remettons nous-en à des prêtres, imam et rabbins qui font mine de ne pas y toucher, pour nous dire ce qui est bien et ce qui est mal, ce qu’il faut en penser. Ce faisant, fabriquons le prochain prédateur.

Nous nous gargarisons de mai 68, de la « libération des mÅ“urs » et quarante ans plus tard, nous baisons des pixels et importons des albanaises.

Ou en sommes-nous? Qui sommes nous?

Non, Fourniret et Dutroux ne sont pas des monstres. Nos ancêtres de la préhistoire nous le rappellent, ce sont des animaux. Comme nous.

Or, comment considérons-nous notre « partie animale »? Ses manifestations sont-elles forcément négatives? En brimant l’animal chez nos enfants par une éducation qui le niant, ne sommes-nous pas en train de mettre un couvercle sur une casserole d’eau bouillante lors que, dixit néanderthal, l’énergie animale est l’expression, la manifestation même de la puissance de la vie?

Plutôt que de chercher à tuer l’animal, la « bête immonde », et si nous apprenions à la canaliser?

(Illustrations trouvées sur Arte Rupestre)