Fabrice Grosfilley a déniché un document intéressant: Elio Di rupo, gauchiste ou schizophrène, un document vidéo analysant la raison pour laquelle les socialistes européens, une fois au pouvoir, n’ont depuis 1980, plus jamais opéré de choix visant à redonner à la collectivité les moyens d’ajuster les marchés et contrôler son destin. Au contraire, on n’a jamais autant privatisé que sous Jospin, pour prendre le PS français en exemple.
J’estime personnellement que les socialistes utilisant le plus le mot « gauche » dans leur discours n’ont, sans doute par aversion idéologique pour le « capital » (et donc, dans leurs esprits, les entrepreneurs et l’esprit d’entreprise), aucun talent pour dénicher les potentiels de l’avenir. En cela ils sont, effectivement, plutot « gauches » (rires).
Ce n’est pas un problème de capacité intellectuelle (quoi que…) c’est un problème d’oeillères: les éminences socialistes veulent bien à la rigueur reconnaître que pour créer de l’emploi il faut des entrepreneurs, mais j’attends toujours qu’un seul s’empare de cette constatation, assume cette évidence, et par extension, dise que oui c’est bien de gagner sa vie sans dépendre de l’une ou l’autre subvention, que vivre de ses propres moyens doit être un objectif et est une condition du bonheur et de la dignité. Qu’il faut permettre qu’il y ait les conditions de l’initiative, qu’il y ait un contexte pour que ceux qui ont un projet, une idée, puissent tenter et réussir, voire se planter et recommencer. Qu’il faut mordre avec appétit dans ce que nous propose l’avenir. Et que si on se plante, on doit pouvoir réessayer, sans être culpabilisé ou criminalisé, comme c’est le cas aujourd’hui. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas de solidarité. Oui, il en faut, en tout cas je suis pour: c’est important et c’est génial de pouvoir compter sur la communauté lorsque la vie nous frappe durement. Personne n’est à l’abri d’un ou de plusieurs coups du sort.
Cela, c’est la partie de mes impôts que je paye avec plaisir: celle qui va réellement servir à aider quelqu’un. Mais celle qui paye les frais de représentations de Fadila laanan à Cannes, la douche d’Arena, le train de vie d’ Yvan Mayeur et du PS bruxellois, les déplacements en hélico et les safaris médiatiques d’ André Flahaux, les pots de vin et autres sponsorings de clubs de volley, je dis non. Non, non et non. D’autant que ce que font les élus PS de notre argent pousse même les flamands les plus raisonnables à la rupture, et que l’on associe de plus en plus la Wallonie à l’Albanie. Or, comme le sait très bien le grand présidigitateur di Rupo, l’image, c’est fondamental.
J’ai la conviction qu’il existe un autre monde que les indemnités de, les allocations de… Il existe une autre gauche, une gauche adroite, une gauche qui revendique que, tous et chacun, nous pouvons inventer quelque chose à proposer à la collectivité. Nous avons envers elle un don de nous-même à effectuer. Chacun de nous doit chercher ces désirs qui sommeillent en nous, et se donner les moyens de les faire germer, et si nous n’avons pas ses moyens, effectivement la solidarité peut jouer. Aujourd’hui oû la gauche française se demande qui elle est, que le PS belge cherche à relier la Terre à la lune en empilant les dossiers d’abus de pouvoir et de détournement de biens publics, le moment est venu de redéfinir la notion du progrès et de redéfinir la gauche, voire de parler de centre, de centre-avant. De passer de l’utopie de « l’argent pour tous » à l’utopie de la « qualité de vie » pour tous, à commencer par nos enfants.
La crise environnementale représente une opportunité gigantesque, inédite, pour l’Europe et la Belgique de maintenir, et même d’améliorer sa qualité de vie. Comment? En investissant massivement dans la recherche des méthodes et des technologies qui vont permettre à l’espèce humaine de contrôler son empreinte écologique. Il y a une expertise à conquérir. Maintenant. C’est maintenant qu’il faut faire ce qu’il faut pour être à la pointe, car nous sommes à la croisée d’un cycle, oû pour améliorer notre qualité de vie, nous devons revenir aux fondamentaux de la qualité de la vie: un air pur, une eau potable, une nourriture saine et équilibrée. Nous y arriverons, par la discipline en matière de consommation, l’ingéniosité de nos gestes quotidiens, en retrouvant certains gestes d’autrefois et en développant les technologies qui nous permettront de créer l’énergie et les ressources nécessaires à nos activités sans que cela ait un coût pour l’environnement. Le marché ? Le monde entier. Difficile de faire plus juteux.
Que vous soyiez ou non d’accord avec ces quelques lignes ne changera rien à ceci: si nous ne le faisons pas, ce seront les américains, les japonais, les russes, les chinois ou les indiens qui le feront. Et ne croyez pas que parce que L’administration Bush n’a pas signé Kyoto, les américains soient en retard. Tout au plus sont-ils moins en avance qu’ils n’auraient pu l’être. Et lorsque les idéologues néoconservateurs oléagineux actuels seront partis, lorsque les américains mettront toute leur puissance et leur génie dans la balance, il sera trop tard pour vouloir être devant.
Je citerai pour conclure Big Loulou alias Louis Michel qui a tenu ces propos très justes il y a quelques années à propos de l’Afrique: (je paraphrase) « si vous ne le faites pas par humanisme, faites le par intérêt économique ».
Il en va de même pour l’environnement: si vous ne le faites pas pour votre santé ou pour vos enfants, faites-le par intérêt économique.
Qu’ajouter? Mais l’urgence (le mot suffit-il encore) environnementale, donc humaine, va pousser tout-un-chacun vers des mesures dites vertes. Il n’y aura pas le choix je le pense, ou c’est l’extinction en quelques siècles.
Ce n’est pas juste que désormais on aie aussi le soleil… lol