Je suis la campagne des Diables Rouges pour l’Euro 2012. Je suis (de loin je l’avoue) la campagne d’ Elio di Rupo pour devenir le dernier premier ministre des Belges.

Rien à voir? Pas sûr.

Je suis dans les deux cas frappé par l’étrange couverture journalistique de ces deux « épopées ». Dans le cas des négociations fédérales, on le sait – parole de journaliste – que la pipolisation de la politique est en grande partie responsable du schisme nord-sud. C’est parce qu’il y a des micros et des caméras à la recherche de sensationnalisme qu’il y a des extrémistes et des emmerdeurs de compromiser en rond. Ils le disent, pourtant ils continuent, remettent de l’huile sur le feu à la moindre bribe de fuite partielle sur une faute d’orthographe qu’aurait commise un attaché de presse. Vous voyez ce que je veux dire.
Idem avec les Diables Rouges. Il est évident que ces joueurs entraînés par Georges Leekens et Marc Wilmots ne cherchent pas que l’argent ou la gloire: ils jouent pour leur public, pour des valeurs. A chaque interview, ils le disent et le rappellent, leur motivation, c’est faire vibrer leur public. Le fait que nombre d’entre eux aient brillé et ont ressenti les vibrations du public liégeois n’y est peut-être pas étranger mais je suis partiel sur ce coup là. Si l’on en croit les « journalistes », c’est toujours le verre à moitié vide. Pourtant ils visent à construire un football joyeux, spectaculaire, et forcément ils encaissent. Mais la campagne de l’Euro 2012, nonobstant son résultat, était la campagne des retrouvailles vers un football agréable à suivre. Le public ne s’y est pas trompé, les journalistes, eux…

Ecoutez Vincent Company juste après le 1-0 des Belges face aux USA en match amical:

Réformer un pays prend du temps, à besoin de sérénité. Reconstruire une équipe belge à partir d’un groupe d’individualités fortes hyper-talentueuses et jeunes prend du temps. Dans les deux cas, on peut leur faire des reproches, mais pas celui d’un manque d’engagement. Un peu de vision positive et de sérénité médiatique ne ferait pas de mal à se pays.

Voilà, à dans six mois.
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