Un Etat fédéral avec le Luxembourg ?
On dirait que la fièvre communautaire ambiante m’a contaminé car j’ai trouvé intéressant ce billet de Laurent Lintermans (Administrateur au Conseil de l’Europe; membre du conseil d’administration de l’Union francophone des Belges de l’étranger), explorant un scénario de sortie du cadre fédéral pour les francophones de Belgique.
Un Etat fédéral avec le Luxembourg ?
Bruxelles, la Wallonie et la Communauté germanophone, devenant une région à part entière, pourraient proposer au GD de Luxembourg de créer un état fédéral à quatre composantes.
Il y a entre Wallons et Flamands une dimension où s’exprime de l’amertume, voire de la rancoeur, de la part d’une composante de la population qui fût longtemps dominée culturellement par l’autre; sentiment que rien ne semble en mesure d’apaiser, à part l’indépendance.
(…)Le rythme des revendications, des crises et des réformes institutionnelles ne se ralentit pas en Belgique. Si la Flandre décidait d’être indépendante, il devrait être possible aux autres régions de faire preuve d’ambition en s’inventant séparément un futur, un destin. Si, aujourd’hui, la projection ci-dessus devait paraître irréaliste (hier la scission de la Belgique le paraissait aussi), elle a pour principale vocation d’ouvrir le débat sur l’avenir des Wallons et Bruxellois.
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Réactions (9 commentaires)
[...] Un Etat fédéral avec le Luxembourg ? sur la Libre, via Alexandre Plennevaux (tags: Belgique politique) [...]
links for 2007-08-21 : Blogging The News / 21.08.2007, 04:24
Et les Luxembourgeois, on leur a demandé leur avis ?
Je crois me rappeler qu’en son temps Jean-Claude Junker ne voyait pas d’un bon oeil ces “pauvres Wallons” venir s’accrocher comme des moules à un rocher à un Etat prospère comme le sien.
Et puis le Luxembourg a davantage d’affinités avec la culture germanique qu’avec la culture latine.
Il me semble que, si la Flandre déclarait son indépendance, la Wallonie n’aurait d’autre solution que de prendre son destin en mains.
Et ça, c’est pas gagné !
Ludovic / 21.08.2007, 10:20
Ludovic,
Chaque chose en son temps. Il ne s’agit pas de commencer des négociations pour l’instant, mais d’envisager les différents scénarios possibles, examiner le potentiel de chaque scénario. Le temps venu un référendum serait forcément organisé.
Personnellement, il me semble que l’obstacle ignoré par l’auteur réside plus dans le fait de recréer un pays à nouveau plurilingue, je ne suis pas sur que ce soit une bonne solution de recréer un pays composite linguistiquement parlant. L’avantage (le seul?) d’une wallonie/ CF autonome ou d’un rattachement à la France serait avant tout l’unité de langue.
alexandre / 21.08.2007, 10:34
L’unité linguistique est une chose, la volonté de vivre ensemble en est une autre.
Je suis extrêmement sceptique, je le rappelle, sur la volonté/capacité des Wallons de se suffire à eux-mêmes. Des décennies de socialisme ne nous ont pas habitués à prendre l’initiative, à devenir un peuple entreprenant et fier de lui (je signale que je suis Wallon, et que je n’habite pas Bruxelles).
Donc, si référendum il y a, les choses risquent d’être partagées. J’ajoute que je ne crois pas au référendum, parce qu’il y a longtemps que le politique s’est approprié le droit de penser à notre place. Le référendum, en Belgique, est inconstitutionnel.
Et les germanophones ? Wallonie, Allemagne ou Luxembourg ?
Soyons réalistes : le compromis à la Belge finira par l’emporter, une fois de plus… en attendant la naissance d’un véritable Etat confédéral, celui qui nous conviendra le mieux.
Ludovic / 21.08.2007, 13:09
je suis absolument contre l’état confédéral voulu par les flamands, soit une coquille vide qui leur permet de dominer les francophones, de profiter de l’aura de la Belgique pour faire leur business, tout en la traitant de putain et en crachant dessus en coulisse. Je préfère encore la fin de la Belgique plutôt qu’un pays maitenu artificiellement en vie.
La wallonie est sinitrée, c’est une chose. Mais il faut arrêter de prendre cela pour un état de fait, ce qui reviendrait à dire, comme Leterme, que les Wallons sont des débiles mentaux qu’il faudrait génétiquement modifier. C’est faux évidemment. La Wallonie, tout le monde semble l’oublier, était la région moteur de Belgique il y a encore 60 ans. Le besoin de réforme est certe vraiment profond mais si les circonstances l’exigent, les choses changeront, tout simplement parce qu’ils n’auront pas le choix. Je pense que c’est surtout la manière de faire de la politique en Wallonie qui est à blâmer, et qui a encourager une mentalité de la magouille (qui n’est jamais qu’une forme de débrouille), plutot que les wallons dans leur essence. Faut pas pousser tchanché dans les orties tout de même.
Enfin, un intérêt évident de tout ‘repreneur” de la Wallonie serait de gonfler sa démographie, qui est la seule valeur réelle de la puissance d’un Etat.
alexandre / 21.08.2007, 13:28
Je n’ai pas le temps de vérifier cette info en profondeur, mais je me souviens d’un reportage de la RTB montrant que lorsque la Tchécoslovaquie s’est séparée, la République tchèque était plus riche que la Slovaquie. Aujourd’hui, cette dernière s’est prise en main pour finalement dépasser (économiquement parlant) ce qu’on a vite fait d’appeler aujourd’hui “la Tchéquie”. Je vais me pencher plus en profondeur sur le sujet…
J’estime que la Wallonie est incapable de se prendre en main ACTUELLEMENT. Nous ne sommes pas des idiots, et nous comprendrons bien vite (si séparation il y a), où se trouvent nos intérêts. Voilà pourquoi nous en sommes arrivés à choisir entre deux choses :
1) soit la Wallonie se redresse vite en acceptant d’appliquer une économie d’ouverture axée sur la liberté d’entreprise et la baisse de la fiscalité. Mission impossible, lorsqu’on voit où en sont arrivées les revendications flamandes ;
2° soit elle accepte une scission en bonne et due forme, en acceptant un statut international à une région bruxelloise élargie. Démocratiquement, une “consultation populaire” semble inévitable dans les communes “à facilités” de la périphérie. Avec la question : “à quelle région voulez-vous être rattachés ?”. On peut s’attendre à des surprises. Mais c’est, me semble-t-il, le seul moyen de respecter à la fois la vraie démocratie et le bon sens.
Le problème, c’est que peu de “responsables” politiques risquent d’accepter cela. Nous voilà donc condamnés à laisser voter un compromis qui relèguera l’avenir de la Belgique aux calendes grecques…
Ludovic / 21.08.2007, 13:56
Il faut nettoyer les écuries d’augias en Wallonie et le seul moyen est peut-être de larguer cette Belgique pour que les politiciens wallons arrêtent de lorgner du côté du nord où il y a plus d’argent soi disant.
Avec la partition de la Belgique, les subsides européens ne vont pas cesser d’affluer : le Hainaut reste toujours à 75% du revenu moyen européen …
Si il y a bien un terme (!) avec lequel je suis d’accord avec Leterme (?) c’est qu’il s’agit de responsabiliser. Mais pas question de laisser les responsabilités aux flamands et de se faire avoir encore une fois. Combien d’affronts comme Leuven faudra-t-il encore subir avant de comprendre que les flamands ne veulent pas des francophones. Laissons leur leur indépendance mais faisont la payer le prix fort.
Quand au statut de Bruxelles : un distric international élargi avec trois langues dont l’anglais me convient parfaitemnt et correpond plus à la réalité sur le terrain.
Laurent / 22.08.2007, 10:29
Un pays de centre-droit, prospère, bien géré et avec une fiscalité modeste ne va pas s’embarrasser d’un région qui économiquement et politiquement s’apparente plus à la Biélorussie qu’à une quelconque état européen.
D’accord donc avec le constat d’Alexandre sur l’état belgique, mais la seule chance des Bruxellois, si un jour cet état éclate, ce sera de se dégager vite fait de la Walbanie.
melodius / 24.08.2007, 10:40
pourquoi tant de haine envers la Biélorussie?
alexandre / 24.08.2007, 10:42
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