3… 2… 1… Partez !

Ca yest, la campagne électorale pour les élections régionales de juin 2009 est lancée. Notons que l’interruption fut et sera brève (juin 2007, juin 2009, juin 2011), sauf si l’ »on » demandait à nos 12 salopards apôtres de la Belgique 2.0 d’échouer à nous concocter une grrrrrrraaaaaaande réforme de l’Etat, auquel cas on cumulera élections régionales et fédérales (pas une mauvaise idée en soi, d’ailleurs, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit monsieur Plennevaux).

Alors, du côté francophone de la Force, nous avons à ma gauche le PS, à ma droite le MR, les deux partis conservateurs (appellons un chat un chat) qui, comme à chaque fois, se la jouent Cramer contre Cramer face caméra pour savoir qui des deux devra, une fois les caméras parties, servir le champagne à l’autre en Wallonistan et à Brussels D.C.

Au centre, et pour la place de dauphin, nous avons à ma gauche Ecolo, et à ma gauche aussi, à moins que ce ne soit à ma droite, on ne sait jamais avec eux, le CdH. Or, celui-ci sent le souffle vert se rapprocher dangereusement dans son dos, et a donc décidé de s’attaquer à lui en le faisant passer pour un parti non-pragmatique animé par des talibans écologistes qui veulent nous plonger dans le noir et nous renvoyer bouffer de la viande crue dans nos cavernes. Pas très subtil, pas très original, le CdH quoi.

Alors évidemment, dans le rôle du pragmatique c’est Joà«lle-madame-non-peut-être qui s’y colle et relance, en guise de mise en bouche, le soit-disant débat sur la sortie du nucléaire. Selon le CdH, il faut sortir du nucléaire, oui, mais plus tard. Quand? plus tard. Oui, mais quand? Quand on en aura plus besoin. Ah oui? Et c’est quand cela?

Alors je ne suis pas là pour prendre la défense des Ecolos, mais j’aimerais développer mon point de vue selon lequel la sortie du nucléaire est un faux débat, qu’il faut sortir du nucléaire dans le délai prévu par la loi votée par le gouvernement arc-en-ciel soit en 2030, sous peine de devoir, en tant que citoyen, constater à nouveau combien, comme dans le dossier Francorchamps, les pragmatiques ne sont peut-être pas les plus conservateurs, et constater, mais un peu tard, que les Ecolo avaient raison avant tout le monde. Séquence Fission.

1. La sortie du nucléaire, c’est quoi?

La sortie progressive de l’énergie nucléaire à des fins de production industrielle d’électricité en Belgique a été votée par le gouvernement verhofstadt en 2003.

La Belgique compte deux centrales nucléaires destinées à la production d’électricité. L’une se trouve à Doel (et contient 4 réacteurs en fonctionnement) et l’autre à Tihange (3 réacteurs en fonctionnement). Les réacteurs de ces centrales ont été installés entre 1975 et 1980.

A la base, les centrales nucléaires belges ont été conçues pour une durée de vie de 30 ans. Mais en 2003, notre pays décidait de prolonger de dix ans la durée de vie de ses centrales et de les fermer progressivement entre 2015 et 2025, ce qu’on appelle le phase-out.

2. Centrales trop vieilles

Quand on roule dix ans en voiture, on a beau l’entretenir, elle tombe de plus en plus en panne. Et bien, Joà«lle, une centrale nucléaire, c’est comme une voiture, mais en beaucoup plus gros, moins rapide, et vachement plus puissant. Le vieillissement des réacteurs est synonyme de problèmes de sécurité. Même si les partisans du nucléaire continuent à s’opposer à cette décision de fermeture, plusieurs associations remettent en cause la sécurité des installations nucléaires belges suite au problème de vieillissement des matériaux.

Et bien, les « pragmatiques » autoproclamés, eux, considèrent qu’il faut tirer sur l’élastique encore plus et prolonger les centrales au delà de 2025. S’ils passent, préparez-vous à un nouveau Tchernobyl, keuf, keuf.

Si une prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs apparaît financièrement intéressante, les risques pour la population deviennent considérables. Jusqu’oû veux-t-on jouer à la roulette russe?

3. Le nucléaire ne constitue pas une source d’énergie propre

Il n’existe aucune solution pour éliminer les déchets radioactifs qui restent dangereux durant des milliers, voire des millions d’années. Des erreurs humaines, des négligences ou des actes de terrorisme peuvent survenir, comme cela a été le cas à Tchernobyl ou Tree Mile Island (à‰tats-Unis).
On tire encore un peu plus sur l’élastique ?

4: le nucléaire est un leurre

Les défenseurs du nucléaire sont soit des charlatans soit de doux rêveurs: si l’on tient compte d’une consommation de 62.000 tonnes par an (2004), les réserves d’uranium seront épuisées au plus tôt dans 20 ans, au plus tard dans 65 ans. Si l’ensemble de l’énergie mondiale devait être fournie au départ du nucléaire, nous serions – selon les estimations les plus optimistes – à court d’uranium après trois ans et 9 mois…

5. leadership politique

Le leadership politique est vital pour la démocratie. Tout gouvernement est tenu de respecter les engagements pris par ses prédécesseurs. Et en tant de crise plus qu’à toute autre moment, il est important que ceux qui nous dirigent montrent et gardent le cap, aux citoyens, aux entreprises, aux investisseurs. Le gouvernement belge doit arrêter d’avoir peur du changement, respecter ses engagements et diriger la Belgique vers la seule option raisonnable à long terme.

Vous avez dit « pragmatique » ?

Le pragmatique, c’est le politicien qui peut vous regarder dans les yeux et vous dire: la priorité des priorités, c’est la planète, car si il n’y a plus de planète, alors il n’y aura peut-être plus de problèmes, mais il n’y aura plus de vie non plus. Les problèmes climatiques viennent de notre surconsommation. Résoudre la crise climatique passe par la baisse de notre consommation énergétique, et le développement de filières énergétiques durables à l’échelle européenne, car la Belgique n’a jamais été, même avec ses centrales, autonome sur le plan énergétique et ne le sera jamais. Or, au niveau européen, l’Allemagne, c-à -d. le plus grand pays européen, est sorti du nucléaire et a entamé de plein pied sa reconversion énergétique. C’est donc non seulement possible, mais c’est surtout le moment d’envoyer le signal aux investisseurs que l’avenir est dans les énergies renouvellables.

Le pragmatique est celui qui arrête de faire l’autruche et veut voir la réalité en face, sans dramatiser, mais sans minimiser non plus et surtout, sans procrastyner, le grand mal belge.

Alors voilà , à chaque fois que vous entendrez parler de la sortie du nucléaire, pensez à un élastique que l’on tend de plus en plus. Quand va-t-il nous péter entre les mains ?

Le reste n’est que de la fumée destinée à remplir les feuilles des journaux.

Sources :
- senate.be

- Examens environnementaux de l’OCDE: Belgique

- eTopia > Nucléaire