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La crise politique belge qui sévit sur nos écrans fait couler beaucoup d’encre et agite des quantités astronomiques de pixels. Franchement, bien malin qui peut encore trouver un coin du voile qui n’ait pas été soulevé, un point de vue original à proposer, tant ce qui se passe aujourd’hui était prévisible, prévu, et, je le suspecte, prémédité.
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Je préparais un billet affirmant que les partis francophones se trompent de n’être demandeur de rien. En tout cas, ils ne me représentent pas. Au milieu de ma phrase (ou presque) je suis tombé sur ce site bruxsel.org, et sur ce billet. Voilà , j’ai effacé ma phrase et je vous propose de lire plutot ce billet:

« Demandeurs de rien »? Vraiment?

Sentiment de déjà vu.
La réunion des présidents de partis francophones du 20 décembre nous a permis de découvrir que « nous ne sommes demandeurs de rien » (Di Rupo). Vraiment?
Au-delà des gesticulations à bon marché orientées vers l’électorat francophone et destinées à faire monter les enchères communautaires, ne serait-il pas temps de parler sérieusement d’une nouvelle réforme institutionnelle?

Voici quelques idées pour les négociateurs « francophones »

1) Les Bruxellois veulent des institutions efficaces, qui répondent à leurs besoins. La fragmentation des compétences entre Région, Communautés (et commissions communautaires) et communes est inefficace.

* Comment développer une politique culturelle cohérente alors qu’il n’y a plus de quarante « responsables » pour la culture à Bruxelles (échevins flamands et francophones, ministres divers… )?

* Comment faire de Bruxelles un pôle d’attraction international dans le domaine de la culture et de cette dernière un atout économique/touristique majeur pour le développement de notre Région?

* Comment assurer la gestion du flux de près de 350.000 navetteurs alors qu’il n’y a pas d’organe intégré pour gérer les transports publics entre Bruxelles et les Régions voisines? A quand un district des transports de la capitale?

* Comment assurer une cohérence des politiques de mobilité et de parking entre communes et Région…? Il est temps de sérieusement plancher sur ces questions: ne faut-il pas régionaliser certaines compétences communales (et vice-versa: nettoyage des voiries régionales…)?

* Quid de l’emploi et de l’enseignement à Bruxelles?
Si la Région bruxelloise est le premier bassin d’emploi du pays en concentrant sur son territoire 676.590 emplois, elle est néanmoins confrontée à un taux de chômage de 21% contre 19% en Wallonie, 8,5% en Flandre et 13% pour tout le Royaume. 54% des emplois présents sur le territoire bruxellois sont occupés par des navetteurs venant de la Flandre et de la Wallonie. La part des emplois offerts aux Bruxellois est faible tant dans le secteur privé (cf. VW) que public.

Pour ne reprendre que quelques exemples des chiffres révélés en 2003 :

# 2,15% de Bruxellois à la SNCB
# 4,54% à la Poste , alors que les Bruxellois représentaient 9,7% de la population * * 54,3% à la STIB
# 68,4% de moyenne dans les communes
# 56,5% dans l’administration régionale bruxelloise

Pourrait-on nous expliquer pourquoi les Bruxellois sont sous-représentés? Sont-ils moins qualifiés? Pourquoi et comment remédier à cette situation?

*_ Justice, police, services médicaux… et emploi des langues.
N’est-il pas temps de reconnaître qu’à Bruxelles, la lingua franca, c’est le français (selon une étude de la VUB, 95% des habitants disent bien maîtriser cette langue; 36% pour l’anglais et 31% pour le néerlandais)… tout en reconnaissant que moins de 50% des Bruxellois sont des « native speakers » en français? Cela ne doit-il pas nous amener à une approche plus pragmatique dans la gestion des emplois? A défaut, changeons au moins la loi linguistique de juillet 1963 qui sépare l’enseignement francophone et néerlandophone à Bruxelles pour permettre aux Bruxellois d’être de bons multilingues.

2) Les Bruxellois veulent être autonomes dans la gestion de leurs affaires intérieures

* Donnez-nous svp cette autonomie constitutive et les marques de notre égalité avec la Flandre et la Wallonie

* L’accord BELIRIS (coopération entre le fédéral et la RBC), est géré par des fonctionnaires fédéraux dans un manque de transparence crasse. La promotion nationale et internationale de Bruxelles doit être gérée par les Bruxellois, qui se coordonnent avec leurs partenaires, pas l’inverse.

3) Dans le domaine des finances publiques, diverses réformes peuvent être envisagées

* Tout d’abord, pensons à l’avenir du pouvoir fédéral. Les règles actuelles de la loi spéciale de financement des Communautés et des Régions permettent-elles au pouvoir fédéral de faire face au choc démographique? On a certaines raisons d’en douter.

* Peut-on accroître l’autonomie fiscale des Régions – un gage de transparence et de responsabilité – sans mettre à mal l’équilibre des finances publiques fédérales? (réponse: oui – il est possible de laisser aux Régions prélever une partie de l’IPP en réduisant la dotation de l’Etat de manière correspondante).

* Le refinancement éventuel de Bruxelles et de ses communes est une question qui devrait se poser à la fin du processus de réflexion. Pas au début. Les politiques devraient faire preuve de plus d’imagination…