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Jour après jour, les nouvelles sur la progression de la crise tombent, toujours plus pessimistes. Survolant de leurs voix graves le brouhaha médiatique qu’elles génèrent (et auquel ils contribuent) nos doctes experts semblent s’accorder sur un point: personne ne sait quand se profilera la fin de la crise économique qui ravage, tel un incendie, le tissu économique, visiblement à l’échelle mondiale. Ne parlons même pas de la crise politique belge qui en rajoute une couche désolante. La crise environnementale? Toutes nos lignes sont occupées, veuillez réessayer plus tard. D’ailleurs, ce n’est plus une crise climatique, c’est un fait accompli. Plus le temps, plus d’argent, plus de travail, plus rien, la déprime, le cafard collectif.

Opportunités ratées

Contemplons d’un regard preste le cimetière des opportunités gâchées par nos élus: le plan Marshall aurait dû nous donner une avance technologique en matière d’énergie renouvelable et de développement durable. La majorité PS – CdH a, de manière incompréhensible, complètement ignoré cet aspect pour tenter de refaire le retard de la Wallonie dans des batailles souvent perdues d’avance.

La gauche a merdé, mais la droite aussi, citons notamment les années de relative opulence, l’ère Verhofstadt, oû l’on a dégagé des moyens importants par des ventes ponctuelles afin d’équilibrer des budgets en déficit structurel, et oû, au lieu de combler ces déficits ou d’investir massivement dans la mise à niveau de nos écoles pour qu’elles préparent nos jeunes aux métiers du 21ème siècle, on a choisi de permettre à chaque parti du gouvernement de soigner son petit électorat, les uns avec les intérêts notionnels, les autres avec des chèques mazout, au lieu de dégager une stratégie à long terme pour le pays. Bref, on ne va pas refaire le passé, c’est d’autant plus douloureux que les crises actuelles étaient prévisibles et d’ailleurs prédites par de nombreux intellectuels tel Emmanuel Todd dans « Après l’empire ».

Opportunités à venir

La crise a ceci de bénéfique qu’elle permet un nettoyage. La gestion du résultat à court terme à tout pris, imposée par les « investisseurs » qui prend le pas sur la gestion entrepreneuriale à long terme, ou des compagnies aériennes telles que Ryanair sont des non-sens, des aberrations rendues possibles par le laxisme du tout au marché, du tout pour le fric, de l’individualisme – ou plutôt du tribalisme – montant au dépend du bien commun. Ainsi se dégagent des opportunités pour repartir sur de meilleures bases et mettre en pratique les enseignements tirés pour construire un autre monde.

Or, face au projet néocapitaliste, quelle est l’alternative proposée par la gauche? Rien, niks, nada. Un peu plus du même sur l’air de « on vous l’avait bien dit » pour ce qui est du PS belge. Par exemple, Quand j’entends Magnette vanter la privatisation de Belgacom grâce à laquelle les belges payent à prix d’or des connections internet médiocres et au volume limité pour cause d’absence de concurrence, je n’ai pas vraiment confiance en son jugement -tout intello qu’il se considère. La vocation du PS est-elle de remplir les caisses de l’Etat ou de défendre le consommateur? Ou est la vision? Poser la question, c’est y répondre.

Et bien moi, modeste citoyen fauché de Belgique-Belgià«, j’ai un plan, oui madame, un plan pour nous sortir de là . Vous ne me croyez pas? Alors le voici ce plan pour, sinon sortir de la crise, la transformer en opportunité pour nos enfants et réorienter notre société du pouvoir d’achat vers la société du « pouvoir être », ou mieux encore, la société du bien-être. Z’allez voir qu’on va me traiter de populiste. C’est pas grave, j’assume.

La société du bien-être

  1. Protéger les PME et les petits indépendants en leur assurant les sources de financement. Ils sont la source de 80% de l’emploi en Belgique. Si chaque PME engageait un chômeur, nous serions proche du plein emploi.
    Comment?

    1. On parle de nationaliser Fortis. Evidemment, dans la bouche de Laurette Onkelinkx, d’Elio Di Rupo ou de Paul Magnette, voire de Michel Daerden, cela fait peur: entre les lignes on les imagine déjà en train de placer leurs copains. C’est pourquoi il est nécessaire de dire à quoi servirait cette nationalisation. Moi j’en ferais un outil de soutien aux PME.
    2. Permettre à ces PME d’engager un chômeur longue durée sans charges patronales pendant 2 ans. 2 ans, cela permet d’acquérir de l’expérience et de se rendre suffisamment indispensable pour que l’employeur n’ait pas envie de recommencer à zéro avec un nouveau candidat. Et s’il le fait, 2 ans d’expérience cela vaut quelque chose sur le marché de l’emploi.
  2. Exploiter internet au maximum. Avec internet, il est très facile aujourd’hui de créer sa propre petite entreprise, son petit commerce. Cependant, la part des revenus générés qui repartent à l’Etat fragilisent ces jeunes pousses à un point oû l’indépendant se demande s’il ne travaille pas pour l’Etat. Dont acte. L’Etat doit donc encourager les individus à devenir leur propre patron, à utiliser internet comme plate-forme d’échange, pour la vente et la relation client, et surtout leur proposer de les aider concrètement en fournissant les services de comptabilité de sorte qu’ils n’aient pas à se soucier de mauvaises surprises, et qu’ils puissent se concentrer sur leur business. Pourquoi d’ailleurs ne pas donner ce rôle au ministère des Finances? Je suis certain que de nombreux fonctionnaires seraient heureux d’être pour une fois dans un rapport d’aide à l’autre plutôt que d’être le tortionnaire, comme c’est le cas aujourd’hui. Je ne vois pas cela comme quelque chose d’obligatoire: on pourrait toujours avoir recours à un comptable si l’on souhaite « optimiser » sa déclaration d’impôt, TVA, etc.
  3. Simplifier la sécurité sociale: on supprime toutes les aides, bourses et subvention et on donne un montant calculé sur le coût de la vie de par exemple 1500 EUR par mois et par enfant de moins de 18 ans pour leur éducation. C’est cher? N’oubliez pas que je supprime toute forme d’allocation, bourse, aide. Cela permet aux parents de prendre une pause carrière et de s’occuper de leurs enfants, et de préparer leur formation professionnelle en économisant. Les enfants, c’est la ressource numéro un d’une société. Idem pour une personne handicapée ainsi que pour les retraités, quel que soit le boulot fait auparavant: seul l’âge d’entrée à la retraite varierait selon la pénibilité du travail. Ces populations peuvent rester actives et contribuer à la création de bien-être si on les stimule à investir de leur temps dans l’associatif et le bénévolat. Vous verrez qu’au final, l’Etat fera des économies.
  4. Pour les populations actives désÅ“uvrées (donc les chômeurs), un accompagnement type coaching personnalisé, une allocation de chômage indépendante du nombre d’ enfants à charge et la disponibilité de fonds pour tenter d’être son propre patron. Le droit à l’échec, le soutien inconditionnel à la créativité et l’obligation d’être créatif doivent être les trois axes de l’action de l’Etat par rapport au chômage.
  5. Réguler l’immigration sur base de règles claires et transparentes. Imposer et organiser l’apprentissage d’une langue nationale, une formation aux droits de l’homme et aux principes de la loi belge ainsi que la possibilité d’apprendre un métier dans des « écoles de la citoyenneté ».
  6. Trop cher, impayable mon programme?

    On vient de débourser des centaines de milliards de fond public, c’est à dire issus de la sueur des travailleurs , indépendants et salariés, pour le donner à des banques et à des entreprises qui n’imagineront jamais de retourner pareille faveur à leurs clients ou employés et profitent même de ce climat de crise pour licencier à bras retourné, malgré des bénéfices à 2 chiffres (Arcelor Mittal, Good Year…). Quitte à emprunter à nos enfants, arrangeons-nous pour avoir encore quelque chose à leur léguer lorsqu’ils auront à essuyer l’ardoise.

    L’espoir n’est plus un vain mot aujourd’hui

    En définitive, ces quelques idées ne sont que des pistes toutes personnelles, prises à 185cm d’altitude par un cerveau échaudé par le contexte névrotique de crise permanente qui l’entoure. Je ne sais pas ce qu’elles valent réellement, et sans doute que mon crâne n’abrite pas le seul esprit traversé par ces idées. Mais je sais une chose, nous vivons dans le langage. Alors si on ne parlait plus de crise, mais d’opportunité? Et si, Monsieur Van Rompuy, on ne parlait plus de rendre la confiance, mais de rendre l’espoir ? Et si nous prenions, enfin, le taureau par les cornes et que nous redevenions crédible à nous-même?

    Bon allez-y, prenez votre carabine ou vos tomates pourries, et lâchez vos com’, je me tiens prêt, stoà¯que, à encaisser vos critiques, pourvu qu’elles soient argumentées.

    update: Pour ceux et celles qui souhaitent s’élever, voici une lecture [ en anglais ] de la crise actuelle replacée dans un contexte plus large, introduisant la notion de transhumanisme. Stupéfiant.